SACRÉE VIE DE SAINT – Chaque mercredi, reprenez confiance en vous et découvrez que vous aussi, vous pouvez y arriver, en lisant la vie d’une figure de sainteté qui n’a pas été que joie, plénitude et prière.

            Neuvième d’une fratrie de douze enfants, Laura Baraggia (Brentana 1851-1923), fondatrice de la famille du Sacré-Cœur de Jésus, naît dans une famille italienne très pauvre d’une région très pauvre dans une époque très pauvre. Le père, Cesare, tient les comptes d’un moulin et la mère, Giovaninna, est bien sûr mère au foyer mais non sans-activité ! Baptisée le jour même de sa naissance, Laura passe les neuf premiers mois de sa vie collée au sein maternel avant d’être envoyée chez une tante célibataire qui prend soin d’elle jusqu’à l’âge de quatre ans. Timide maladive, Laura trouve refuge dans la prière et le silence de l’oraison. Sa maman lui apprend à lire. C’est tout naturellement que Laura se porte vers les Evangiles et la Vie de saint Louis de Gonzague qui ne la quitteront plus.

            Pauvre parmi les pauvres, seule parmi les délaissés, Laura n’aime pas les mondanités, les jeux, les belles robes et les rubans dans les cheveux. Elle n’aime que Jésus à qui elle rend visite tous les jours dans l’église paroissiale. Un jour, alors qu’elle passe devant un crucifix, elle entend Jésus lui dire : « Laura, que gagnes-tu à jouer avec ces petits ? Ne te suis-je pas plus cher qu’eux ? »

Vie fade

Elle se confesse souvent. De quoi ? Dieu seul le sait et ne veut plus s’en rappeler, mais il faut croire que plus une âme est pure, plus elle traque en elle la moindre trace de péché. Sa vie toute simple, faite de soupers de rien, de travail domestique, de visites aux malades, de dons aux miséreux, de décès de quatre de ses frères et sœurs et de prières familiales, forge le caractère de Laura pour sa grande mission : être l’épouse du Christ. Elle le promet à Jésus lors de sa première Communion en 1862. 

            Cette vie toute pourrie et sans relief prend un tour plus dramatique lorsque Cesare meurt en 1864 d’une infection pulmonaire. A Laura, qui l’a veillé dans son agonie, il consacre ses derniers mots : «  Je vous recommande cette enfant, vous savez bien quels sont les desseins de Dieu sur elle ». Laura se met à cracher du sang et sombre dans un semi-coma plusieurs semaines.

Quinze ans de mortifications

De dessein particulier, il n’y en a point les quinze années suivantes… Ou alors il demeure bien caché. Laura est envoyée par son curé à Milan auprès de bourgeois. Le curé n’en a rien à carrer qu’elle veuille devenir religieuse. Le devoir d’état passe avant tout, toujours. Laura doit subvenir aux besoins de sa famille. Elle officie donc comme dame de compagnie et secrétaire chez les Biffi où, en plus d’être détournée de sa vocation, elle subit les conversations inintéressantes de gens qui n’ont rien à dire et est obligée de porter des habits de luxe et des bijoux en or. Trop dur pour elle ! Quinze années passées à mortifier ses yeux et ses oreilles pour ne pas pécher en mauvaise compagnie, quinze années à assister quotidiennement à la messe aurorale et à aider les pauvres qui sont légions à Milan, quinze années à entendre Jésus dans le Tabernacle lui dire : « Viens » ! Pour de vrai Jésus lui parle, la preuve en est que dès que les Biffi meurent et que Laura donne tout leur héritage à son village misérable de Brentana, elle prend le voile chez les Ursulines.

Un ordre vénère

            Insuffisant pour l’épouse ou pour l’Époux ? Laura crée un ordre rempli d’allumées prêtes à ne manger que des châtaignes bouillies à Noël, à dormir 5 heures par jour, à éduquer les campagnardes les plus ignorantes et à soigner gratis les malades les plus répugnants. Bref, une congrégation tout ce qu’il y a de plus normal qui lui a été révélée une nuit de prière insomniaque devant le tabernacle le 3 février 1879 : la famille du Sacré-Cœur de Jésus.  

Et comme toutes les saintes bonnes sœurs du monde, Laura use sa santé au service des pauvres, au Nom de Jésus, au milieu du peuple de Dieu, au service des paroisses et des malheureux. Elle enchaîne les problèmes cardiaques, tant et si bien qu’à soixante ans elle est déjà épuisée. Les douze années restantes, elle les passe à diriger sa congrégation depuis la maison-mère de Sulbiate (Italie), ferraillant avec l’Église pour que sa règle soit approuvée, défendant en même temps la fidélité au Pape à une époque de laïcisme forcené.

Laura Baraggia meurt en 1923 après avoir passé une dernière gueulante à toutes ses filles réunies pour l’occasion : « aimez Jésus-Eucharistie, aimez l’obéissance, aimez la charité, aimez la sainteté ». Hein, il ne faut pas trop rigoler avec la sainteté.

 Elodie Perolini

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