SACRÉE VIE DE SAINT – Chaque mercredi, reprenez confiance en vous et découvrez que vous aussi, vous pouvez y arriver, en lisant la vie d’une figure de sainteté qui n’a pas été que joie, plénitude et prière.

Saint Étienne, fêté le 26 décembre, est le premier serviteur du Christ et son premier martyr. 

            De la vie d’Étienne avant sa rencontre avec Jésus, nous ne savons rien. L’homme « de bonne réputation, rempli d’Esprit et de sagesse, de grâce et de puissance[1] », est un juif de la diaspora comme l’indique son nom : « couronne » en grec. 

Choisi comme disciple par Jésus-Christ dans le groupe des soixante-dix, Étienne est désigné par les premiers chrétiens comme premier diacre. Il est au service de la Parole de Dieu et sert à manger les pauvres veuves étrangères. Et c’est à cause du Verbe qui a habité parmi nous et qu’il a côtoyé qu’Étienne est martyrisé le premier.

            Jeune homme bien formé, connaissant les philosophes grecs autant que les Ketouvim[2], comme le montrent sa controverse à la synagogue des Affranchis et son discours au Sanhédrin[3], Étienne est fou du Seigneur, proclamant partout la Bonne Nouvelle : un Sauveur nous est né. Il est ressuscité d’entre les morts. Adam est sauvé. Alléluia.

Ambiance festive de Noël

            « Lequel des prophètes vos pères n’ont-ils point persécuté ? Ils ont tué ceux qui annonçaient la venue du Juste, celui-là même que maintenant vous venez de trahir et d’assassiner [4]», rapporte Etienne. Il est mort parce qu’Il est né. La naissance et la mort. Avez-vous jamais remarqué la profondeur théologique du calendrier liturgique ? Qu’à la réjouissance de Noël succède le martyre d’Étienne, que la fête de la Sainte Famille précède le martyre des saints Innocents ? Que la joie est indissociable de la Croix ? Que l’enfant emmailloté par sa mère dans une grotte péniblement trouvée par saint Joseph la nuit de Noël est déjà celui qui repose le Vendredi Saint au soir, enveloppé d’un suaire tissé par sa mère, dans la grotte qui sert de tombe à Joseph d’Arimatie ?

On ira tous au Paradis

            Zélé apôtre du Christ, Étienne annonce partout l’Évangile, il prêche, il sert ses sœurs à table, il accomplit des miracles. Institué chef des Sept[5] et ayant reçu l’imposition des mains des apôtres, Étienne opère des « grands prodiges et signes parmi le peuple ». Le plus grand prodige étant sans aucun doute d’annoncer en temps de persécution à son peuple le « Dieu de la gloire », celui que « vous venez de trahir et d’assassiner », celui qu’Étienne, déjà mort à l’énoncé de ces paroles devant les prêtres du Temple, voit dans le Ciel, « la gloire de Dieu et Jésus debout à la droite de Dieu[6] ». Si illuminé de la gloire divine que son visage rayonne tel celui d’un ange devant le sanhédrin, Étienne est jeté hors des murs de Jérusalem pour être tué comme tous les prophètes.

…En passant par la Croix

            C’est lui, Jésus, la gloire de Dieu, né dans une étable et mort sur une Croix, qu’Étienne contemple dans les Cieux ouverts sous les jets de pierres. Il a dit le nom de Dieu, il le voit en plus dans les Cieux. Blasphème impardonnable, c’est le couronnement d’une vie dans le Christ, la vision béatifique. Une pierre après l’autre lui martelant les tempes, Étienne poursuit son criminel kérygme[7], il appelle Dieu à qui il remet son esprit : « Seigneur Jésus ». Frappé jusqu’à ce que mort s’ensuive, après avoir demandé pardon à Dieu pour les lapidaires, couché au sol sous les yeux de Saul, Étienne est plus près de Dieu que de son corps. Os brisés et organes internes éclatés pour avoir osé proclamer le Nom de Dieu, couché dans une tombe par ses frères sans autre forme de cérémonie que des pleurs, Étienne naît au Ciel le lendemain de la Nativité.

            Alléluia et joyeux Noël !

Elodie Perolini


[1]Ac 6,3 et 6,8

[2]Les Ketouvim sont les livres qui forment la troisième partie de la Bible hébraïque dite Tanakh : Psaumes, Proverbes, Job, Cantique des Cantiques, Ruth, Lamentations, Ecclésiaste, Esther, Daniel, Esdras, Néhémie et Chroniques.

[3]Le Sanhédrin, traduit parfois par « Grand Conseil », était l’assemblée législative juive. Siégeant à Jérusalem, il avait un pouvoir normatif sur les lois juives, orales et écrites. Il surveillait le grand prêtre, le roi et les prophètes. Il servait enfin de tribunal pour les affaires graves, notamment le blasphème.

[4]Ac 7,52

[5]Comme Jésus institua douze apôtre et soixante-dix disciples, l’Église institua « les Sept » : un groupe d’hommes chargés du service lors des repas communautaires. Ces Sept sont juifs hellénistes, c’est-à-dire issus de la diaspora. Ils sont aujourd’hui nommés diacres, de diakonos « serviteur » en grec.

[6]Ac 7,55

[7]Le kérygme est la proclamation de la foi chrétienne : Jésus est le Christ. Il est le Fils de Dieu. Il est mort et ressuscité. C’est une adhésion personnelle aux contenus essentiels de la foi qui sera formalisée dans le Credo de Nicée-Constantinople.

1 COMMENTAIRE

  1. Merci pour ce bel article… Et le fruit de la contemplation du martyre d’Etienne c’est la saintpaulisation comme on dit. Comme Paul qui assiste à ce témoignage éloquent, nous pouvons vivre cette metanoïa salutaire et devenir les apôtres zélés du Verbe fait chair…

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