La joie de Noël

Pourquoi sommes-nous en fête ce soir ? Pourquoi nous réjouir ? Pourquoi les cœurs mêmes les plus endurcis s’accordent un peu de répit, un peu de tendresse pendant cette nuit de Noël ? Il y a quelque chose d’étonnant n’est-ce pas ? Nous avons peut-être bien des raisons de nous plaindre, de nous lamenter… mais ce soir notre cœur est à la fête… Cette année aura suscité bien des préoccupations, alors que des personnes souffrent, alors que beaucoup de français sont désespérés, alors que les chrétiens dans de nombreuses parties du monde sont persécutés pour leur foi. Et pourtant ce soir la joie des chrétiens déborde. Et cette joie, personne ne pourra nous la voler !

Il y a d’abord cette joie simple de se retrouver, de revoir ceux qui nous sont chers, de prendre quelques heures avec nos familles ! Et même si certains d’entre nous redoutent ces repas de famille interminables, si d’autres ont peur de revoir tel ou tel, il n’est tout de même pas rare de ressentir une certaine consolation… Mais ces joies familiales pour être magnifiques ne sont pas partagées par tout le monde malheureusement. Certaines personnes sont aujourd’hui loin de leurs famille (nos soldats, nos soignants par exemple…) ; d’autres ont déjà quitté cette terre et il est difficile pour leurs familles d’éprouver de la joie.

Si nous prenons quelques instants avec Joseph et Marie autour du nouveau-né, nous comprendrons vite combien la fête de Noël est une fête joyeuse, qui arrachera un sourire et quelques larmes de bonheur aux visages les plus défaits.

Pourtant la joie de Noël nous concerne tous. Oui absolument tous ! Quelles que soient nos difficultés, nos épreuves, nous pouvons trouver dans la fête de la Nativité un réconfort et une consolation. Ce soir, un petit enfant gazouille dans la crèche de Bethléem et sa musique est pour nous. Demeurons donc près de lui et tendons l’oreille. Si nous prenons quelques instants avec Joseph et Marie autour du nouveau-né, nous comprendrons vite combien la fête de Noël est une fête joyeuse, qui arrachera un sourire et quelques larmes de bonheur aux visages les plus défaits.

La crèche, cause de notre joie

  • Simplicité de la scène

Arrêtons-nous donc quelques instants devant la crèche et laissons-nous saisir par ce tableau. La première chose qui transparait de cette scène, c’est la simplicité. Une étable, des animaux tranquilles comme l’âne et le bœuf, un peu de paille et bien sûr l’Enfant Jésus, Marie et Joseph. Pas de luxe, pas de festin, pas de divertissement. Rien que l’essentiel : la joie d’une naissance dans toute sa simplicité.

  • La Vierge

La deuxième chose qui nous frappe en regardant la crèche, c’est Marie. Marie contemple le fruit de ses entrailles. Elle observe celui qu’elle a porté pendant neuf mois. Elle reconnaît ses traits sur son visage de nouveau-né : elle y voit sans doute la finesse de sa propre bouche, un nez, un front qui lui ressemble… et déjà sans doute, elle aperçoit la profondeur de son regard. Quelle est parmi vous la maman qui me contredira ? Un enfant nouveau-né, on l’observe sous toutes les coutures… On le serre dans ses bras, on l’embrasse !

Comme les bras de Marie ce soir, nos bras peuvent recevoir l’Enfant Jésus, ce bébé paisible, ce petit homme, né d’une femme comme tous les hommes et pourtant vrai Dieu, Fils engendré par le Père céleste. Comme Marie, nos sentiments sont partagés entre la tendresse d’un nouveau-né et le fait que ce petit être nous échappe, nous dépasse complètement. Jean-Paul Sartre, qui n’est pourtant pas un Père de l’Église, a bien décrit ce qu’a dû être l’état d’esprit de Marie à ce moment-là. Il écrit :

[Marie] se sent prise d’une crainte religieuse pour ce Dieu muet, pour cet enfant, parce que toutes les mères sont ainsi arrêtées par moment, par ce fragment de leur chair qu’est leur enfant, et elles se sentent en exil devant cette vie neuve qu’on a faite avec leur vie et qu’habitent les pensées étrangères.

Jean-Paul Sartre [Extrait de « Bariona ou le Fils du tonnerre », texte intégral dans Les Écrits de Sartre de M. Contat et M. Rybalka, NRF 1970].

Oui ce petit enfant que Marie a mis au monde ce soir est véritablement Dieu. Dieu est celui qui nous a aimés au point de se faire homme comme nous. Il est celui qui s’est fait tout petit pour nous faire grandir. Quel mystère ! Quelle joie immense de recevoir parmi nous et comme l’un de nous celui qui a créé le Ciel et la Terre. Quelle folie d’amour de pouvoir connaître Dieu de la sorte, un Dieu tout petit qu’on peut prendre dans ses bras et couvrir de baisers, un Dieu tout chaud qui sourit et qui respire, un Dieu qui se laisse saisir et aimer…

  • Saint Joseph

Un dernier trait nous frappe dans ce tableau de la crèche mes frères bien aimés, ce sont des yeux qui brillent, des yeux baignés de larmes, des yeux qui n’en reviennent pas d’être si aimé de Dieu. Ce sont les yeux de saint Joseph. Il a devant lui la femme qu’il aime, la femme de sa vie et en même temps une femme qui le dépasse, un être extraordinaire, prodigieusement beau, et profondément uni à Dieu. Il a devant lui l’Enfant Dieu, venu pour le salut du monde et devant tant d’amour, Joseph ne dit rien, il reste là, ému jusqu’aux larmes et reconnaissant pour les grâces que le Seigneur lui a faites.

Terminons sur cette belle attitude du patriarche ! Comme saint Joseph, laissons-nous attendrir par l’amour de Dieu, laissons-nous saisir par le Christ. Et recevons de Marie cet Enfant Jésus qui est venu apaiser nos familles, guérir nos blessures, consoler nos peines et surtout sanctifier nos âmes.

Bonne fête de Noël à tous !

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