A la toute fin du XIVème siècle naît Guido di Pietro, que nous fêtons le 18 février. En même temps que notre bonne Bernadette Soubirous qui, bien malgré elle, lui fait de l’ombre à lui, le peintre de la lumière ! Il faut dire qu’entre eux deux, c’est un peu à celui qui se fera le plus petit.

Guido suit son frère et devient Fra Giovanni chez les dominicains observants. Observant, ça veut dire pauvre total et plutôt du genre ascétique. Vous lui donnez une tomate il tient trois semaines et en plus, il est content. Côté art, il touche sa bille. En gros avant lui, on faisait des fresques et des tableaux un poil tristounes, hyper codifiés, sans profondeur. Lui, d’abord formé à l’enluminure, s’enflamme, veut que son art fini donne à voir et à comprendre l’infini de Dieu. Vas-y la lumière, vas-y la couleur, vas-y la perspective, sous son pinceau les mystères deviennent éclatants. Fra Giovanni, c’est Saint Thomas d’Aquin mais en peintre. Il se lâche sur les murs des cellules, des chapelles et des églises. Banksy (artiste de street art anonyme NDRL) à côté c’est de la gnognotte.

Pas moyen de lui faire peindre autre chose que des sujets spirituels. Son don est tout entier dédié à l’annonce de l’Evangile. Alors qu’il y avait moyen de se faire un paquet de blé en déviant façon Jeff Koons. Mais ça ne l’intéresse pas, son truc c’est le Ciel.

Patron des artistes

Le gars est brillant et apprécié. Il côtoie le Pape qui, lassé de son papier peint so XIVème, lui fait refaire ses appartements, pourtant il ne prend pas le melon. Quand on lui passe une commande il renvoie à son supérieur, il refuse de devenir évêque de Florence alors qu’on le sentait bien capable et quand ses frères font n’importe quoi, genre s’enquiller une tomate ET un raisin sec, il sourit. Jamais de colère, tout dans la douceur, la bienveillance et l’observance. Il avait « un talent rare et parfait », pour la peinture comme pour la charité.

Dès sa mort à Rome, on l’appelle Beato Angelico, « l’angélique ». C’est pourtant seulement en 1982 que Jean-Paul II le déclarera Bienheureux puis patron universel des artistes en 1984. A l’occasion, si vous cherchez un intercesseur pour mettre vos talents au service de l’Evangile, vous pouvez passer prier sur sa tombe à Santa Maria sopra Minerva, derrière le Panthéon, à deux pas de celle de Sainte Catherine de Sienne, ça vaut le détour.

Il a vraiment très bien peint :

la Mouche du coche

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