Rosalie du Verdier de la Sorinière (1745 Chemillé-en-Anjou-1794 Angers), connue sous le nom de Sœur Rosalie-Céleste, est morte décapitée en place publique pour avoir aimé le Christ.

Droit du sol

Dans les heures terribles de la Terreur instaurée par les révolutionnaires voulant faire table rase de la France, des peuples se soulèvent. Au nom du droit du sol promu par la République, ils défendent leurs terres face à l’envahisseur jacobin. En Vendée, en Anjou, dans tout l’Ouest du Royaume ensemencé par saint Louis-Marie Grignon de Montfort, le peuple chrétien entend faire respecter qu’ici règnent son Dieu et son Roi.

La guerre dite de Vendée éclate en mars 1793. La Convention veut prélever un nouvel impôt sur le sol : les hommes qui vivent dessus. Au nom de l’égalité républicaine, l’impôt du sang jusqu’alors réservé à la seule noblesse, pèse désormais sur tous les citoyens. Mais les vieux peuples ne goûtent guère les nouveautés, surtout révolutionnaires. Ils gardent la tête, froide, sur les épaules, dans l’enthousiasme furieux qui veut gagner le reste du pays. Plus que le simple refus de la levée en masse, ce nouvel impôt qui pèse sur les hommes célibataires âgés de 18 à 25 ans, des Français s’insurgent et forment la « Vendée militaire ».

Droit du sang

Des familles, nombreuses, attachées à la terre de leurs aïeux, décident de rester chez elles malgré la menace républicaine.

C’est le cas de la famille du Verdier de la Sorinière. Sœur Rosalie-Céleste rentre au château familial lors de la fermeture du couvent des bénédictines de Notre-Dame du Calvaire en 1792. Avec sa mère déjà veuve, sa belle-sœur et ses deux nièces, Rosalie exerce la charité et l’hospitalité envers les insurgés.

Elle garde l’habit qui la fait reconnaître et condamner par la justice républicaine comme « fanatique » et refuse de l’ôter devant les Conventuels venus inspecter la demeure. Elle refuse de quitter le vêtement religieux à nouveau lors du premier interrogatoire. Idem pendant le second. Elle refuse encore de se dévoiler et d’abjurer au troisième, public celui-là. Les juges espèrent que la vindicte populaire, la bave qui écume aux lèvres de la foule haineuse et revancharde, aura raison de la foi de l’épouse du Seigneur.

Sœur Rosalie-Céleste est donc décapitée le 27 janvier 1794 au même endroit que sa belle-sœur le jour précédent, sur la place publique d’Angers. Les filles de cette dernière sont quant à elles fusillées quinze jours plus tard à Avrillé.

Il serait loisible d’y voir une animosité réservée au prétendu « sang bleu ». Hélas, il ne s’agit que du sang des chrétiens. Les Rochard, paysans travaillant au château de la Sorinière, subissent le même sort républicain. Le patriarche, ses deux brus et cinq de ses petits-enfants sont exterminés par la colonne infernale dix jours après les nobles propriétaires.

« Qui pourra nous séparer de l’amour du Christ ? » (Rom 8, 35).

C’est la question que le pape saint Jean-Paul II posa lors de la béatification de sœur Rosalie et des 98 autres martyrs d’Angers, le 19 février 1984.

Ces justes ont répondu à la suite de saint Paul : « Rien » ! Absolument rien, pas même une guillotine. Certes, la lame acérée est rapide, peut-être un peu sifflante, autant que la balle du fusil. Elle sépare la tête du cou, l’âme du corps et puis c’est tout. Elle ne nous en rapproche que plus vite de Notre Seigneur. C’est en tout cas l’avis de la bienheureuse Sœur. 

Elodie Perolini

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